Gouvernance · Comité d'audit · Bonnes pratiques

Tirer le meilleur de son audit interne : le rôle du dirigeant

Disposer d'une fonction d'audit interne ne suffit pas ; encore faut-il qu'elle soit bien positionnée, correctement dotée et réellement écoutée. Voici les leviers concrets par lesquels un conseil et une direction générale peuvent en maximiser la valeur — et les bonnes questions à poser.

Catégorie : Gouvernance Lecture : 5 minutes Série : Comprendre l'audit interne (5/7)
Indépendance La condition de la crédibilité
Moyens À la hauteur des risques réels
5 questions À poser en conseil ou en comité d'audit

Garantir l'indépendance

C'est le premier levier, et le plus structurant. Pour être crédible, l'audit interne doit pouvoir tout examiner et tout dire, sans crainte. Cela suppose un rattachement au conseil ou au comité d'audit, un accès direct à ses membres, et une absence de conflit d'intérêts — un responsable d'audit interne ne peut pas auditer objectivement une activité qu'il dirige par ailleurs. Le conseil est le garant de cette indépendance : c'est à lui de la protéger.

Doter la fonction à la hauteur des risques

Une fonction d'audit interne sous-dimensionnée ne peut pas couvrir les risques qui comptent. La question des moyens — effectifs, budget, compétences — mérite donc un examen régulier par le conseil. Les risques d'aujourd'hui (cybersécurité, données, IA) exigent des expertises que toutes les équipes ne possèdent pas en interne : le recours à des spécialistes externes, en appui ou en co-traitance, est une réponse courante et légitime.

Les bonnes questions que le conseil devrait poser

Un conseil n'a pas besoin d'être expert en audit pour en évaluer la valeur. Quelques questions simples suffisent souvent à mesurer la solidité de la fonction :

  • Le plan d'audit couvre-t-il bien nos risques les plus importants — et est-il réactualisé quand ces risques changent ?
  • Les recommandations passées ont-elles été suivies d'effets, ou restent-elles lettre morte ?
  • L'audit interne nous donne-t-il une opinion d'ensemble, claire, sur l'efficacité de notre dispositif de maîtrise des risques ?
  • Dispose-t-il des moyens et des compétences nécessaires ? Sinon, que manque-t-il ?
  • Sa qualité a-t-elle été évaluée par un tiers indépendant ?
Bon à savoir : le rapport Risk in Focus 2026 de l'ECIIA propose justement, à destination des conseils et comités exécutifs, une liste de questions pour renforcer la résilience et la qualité de la supervision. S'en inspirer est un point de départ utile.

Mesurer la qualité

Comme toute fonction, l'audit interne doit rendre compte de sa propre performance. Les normes professionnelles prévoient une évaluation périodique de la qualité par un tiers indépendant — une pratique saine, qui rassure le conseil sur la fiabilité de l'assurance qu'il reçoit. Ce n'est pas un examen de conformité de plus : c'est la garantie que l'outil sur lequel s'appuie le conseil fonctionne réellement.

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Références & pour aller plus loin

  • Normes mondiales d'audit interne (Global Internal Audit Standards), Institute of Internal Auditors (IIA), 2024 — évaluation de la qualité.
  • Rapport Risk in Focus 2026 et sa synthèse pour les conseils, European Confederation of Institutes of Internal Auditing (ECIIA).